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Quand j'avais onze ans, je faisais ce truc tout chou (ouais, maintenant, 7 ans plus tard, c'est chou, mais à l'époque, ça m'apparaissait plus comme étant pathétique). J'étais une de ces gosses avec l'air un peu marabou, les traits un peu trop lourds et le sourire pas facile. Alors pour compenser, je vivais par procuration grâce à la série télé (roulement de tambours)... dawson's creek. Même encore aujourd'hui, j'ai l'impression de l'avouer comme on avoue un péché un peu honteux. Du genre: "Ah, chéri, j'ai mangé la moitié de la tarte". Vous voyez, ça se fait pas vraiment. Je feuillette des vieux cahiers en ce moment, et l'année de mes onze ans, tous les lundis, il y a un compte-rendu de 3 pages (c'est pas rien, pour une gosse de cet âge) et un palmarès de mes personnages préférés (si c'est pas la honte). De temps en temps, ya une page d'insultes au réalisateur (ça, c'était chaque fois que joey et dawson cassaient). Yééé. Je suis vraiment fière de dire que j'ai pigé ma profondeur sentimentale dans un soap américain. Et en plus, dans le cahier de mes 14 ans, ya la même chose... pour smallville. Bouh. Ça, c'est trop récent pour que je n'aille pas me rouler en boule dans le garde-robe.
Par contre, dans le cahier de mes 14 ans, j'ai trouvé autre chose qui m'a perturbée. Avec des amis, en vrais petits dévergondés qu'on était, on avait décidé de se partir un recueil qui s'appellerait "L'épopée du sexe". C'est qu'on se pensait "cools" quand même! Le mieux, pour y écrire, était évidemment d'être saouls, vers environ 3 heures du mat. Ah, si mes parents avaient su ce qu'on faisait dans nos sleepovers... Extrait (avec les fautes d'orthographe en prime):
"L'épopée du sexe
Blueyes: Voici, l'ado est un pervers fini. Nous, on l'accepte, pis on veut retransmettre notre savoir érotique (tu parles, j'en avais à peine). Faique lisez ben, parce qu'à soir on a bu une couple de bière, qu'on s'est tous frenchés en beaux salauds, 2 gars, 8 filles, et qu'on en veut! Comment c'en est devenu si orgasmique? On va vous le dire, avec tous les criss de détails salaces, soyez bandés (là je compte plus les pervers qui vont tomber sur mon site) et rajoutez-en, cé pour la postérité!
Zouzou, notre à jeun officiel: Après avoir bu une couple de bières, mes ami(e)s débile ont dessidé de jouer au fameux jeu de la bouteille (beurk pcq y avait 8 filles et 2 gars, un gai et l'autre prit) plus le jeu avançait plus j'étais traumatisée. Ils ont vite oublier la bouteille et ont continuer de s'embrasser avec passion jusqu'au p'tite heure du matin.
Marie: Donc après c'être embrasser commes des tarés en jouant à la bouteille nous nous mîmes à s'embrassé ou bien à se frencher! L'un après l'autre sous le regard horrifié de Zouzou. Je peux dire que Laure et Suzie (qui avait les boules à l'air) ce plotait! Dailleur Cath Blueyes et moi avait dans l'idée de s'amuser un peu AH-AH-AH!!! Laure voulait et a toujours voulu participé avec nous. Que va-t-il arrivé? Seul le destin le sera!"
Et puis je vous jure, la page que j'ai s'arrête là. Mais bon, c'est pas comme si yavait beaucoup de choses à rajouter non plus... Hier soir, j'étais couchée dans mon lit avec Zouzou quand j'ai retrouvé ça. On a développé un mutualisme, vous savez, comme dans les cours de bio, deux organismes s'aidant mutuellement? Vous savez, j'avais commencé par écrire commensalisme, je lui montre et elle accroche, quoi: "Commensalisme, c'est pas quelqu'un qui mange quelqu'un d'autre?" Enfin, elle dort avec moi, puisqu'en vieillissant, j'ai commencé à avoir peur du noir (...) et que sa chambre est trop en bordel pour qu'elle ne puisse qu'envisager de se rendre à son lit, et encore moins de s'y coucher. Alors on est là, on lit un peu, l'envie me prend de relire mes vieux cahiers, et je tombe là-dessus. Plein de petits souvenirs: Zouzou se rappelait comment, cette nuit-là, Marie lui courait après pour l'embrasser en hurlant "Je vais t'initier, je veux t'initier Zouzouuuuuu!!". Non mais vraiment, on était des ados tout ce qu'il y a de plus adorables. Si innocents, si doux, si... ados, quoi. Et dire qu'à l'époque, ça nous semblait la mer à boire.
Il y a de vrais beaux souvenirs, aussi, dans ces cahiers. 15 ans, 1 an après la fin de ma relation avec celui que j'ai ici appelé Feu. Qui, aujourd'hui, m'envoie ces emails bêtes et méchants (mais partiellement mérités) une fois par semaine. Une journée d'été, je rentre chez moi et je trouve, sous ma fenêtre, une lettre avec une bague à l'intérieur:
"Salut Blueyes,
C'est drôle, autant tu es l'une des relations les plus enrichissantes que j'aie eues, autant j'ai toujours ressenti un malaise étrange quand venait le temps de se parler coeur à coeur.
Ça se passe quand même mieux par écrit.
Enfin, il se trouve que je voulais te l'offrir à toi (la bague). Elle patientait dans ma chambre depuis des lustres dans l'attente d'un moment propice qui n'est pas venu.
Elle est à toi, et je ne veux pas qu'elle soit le souvenir fané d'un amour mort, plutôt le trophée d'une belle histoire qui a dû se trouver une fin pour céder le pas à mieux.
Tu peux le prendre comme un cadeau de Noël, si ça te chante, ou de quoi que ce soit d'autre, même pour cette fête que j,ai manquée. Prend le surtout comme le gage d'une amitié lointaine mais acharnément présente."
Souvenirs, souvenirs. Ya vraiment des moments où j'ai gaffé dans ma vie. Et puis j'ai honte de dire que j'ai perdu la bague, parce qu'elle avait tout de même une certaine symbolique. Le symbole ne tenait pas à la bague, mais de l'avoir volontairement lancée en l'air dans ma chambre, puis d'avoir différé le moment de la chercher jusqu'à ne plus la retrouver, c'est cheap. Ben cheap. D'avoir ignoré le gars pendant les 4 derniers mois aussi. Mais bâtard, des fois, on dirait que c'est une amitié empoisonnée. J'ai quand même réussi à lui faire écrire toutes ces méchancetés: "Moi, mes amis me traitent pas comme toi. Ils me respectent. Tu me prends comme une lavette, comme un si, comme un ça. J'en ai marre. Penser que je vais l'oublier, c'est me prendre pour un épais".
Alors, voilà.
Je crois que j'ai tendance à faire ça aux gens, et surtout aux gars. Savez, cette attitude "pas touche tu m'auras pas"? Oui, on va avoir un rendez-vous, oui, on va sortir ensemble, oui on va baiser, mais tu sauras jamais ce qu'il y a au fond de moi. On me le reproche. Cette semaine, Benjamin, mon choupinet autrichien, m'a donné une belle frousse en m'écrivant cela:
" J'ai de plus en plus l'impression d'avoir à courir après toi et d'essayer d'attirer ton attention comme un enfant qui coure après sa mère pour avoir un peu d'attention. C'est trop souvent ainsi et j'aimerais que ce jeu de courir après toi cesse un peu et que je n'aie plus l'impression d'être négligé et que tu es distante avec moi. Généralement, il m'importe peu de courir après toi, parce que je t'aime vraiment énormément et que je me fous un peu de ma fierté, puisque la fierté ne cause que des problèmes, mais ma confiance en moi souffre d'être en quelque sorte négligé et je commence à me sentir stupide".
Et on s'est parlé. C'est pas grave, c'était pas si grave, ça sonne mélo, mais il a surtout dit avoir été fatigué et ennuyé par plein d'autres petites choses qui l'ont poussé à bout. En fait, ça n'avait pas l'air d'être si important à ses yeux. Mais je crains que ça ne puisse devenir une source de problèmes. Faut dire la vérité: en couple, je suis pas chiante, je suis pas jalouse, possessive, difficile ou capricieuse, rien de ça. Mais c'est peut-être parce que je n'y suis pas entièrement non plus. J'ai pas l'impression de ne pas savoir aimer, pourtant. Je voudrais surtout pas que l'histoire se répète. Des gars extraordinaires, j'en ai fréquentés. Et ils finissent tous, avec les années, par m'en vouloir de cette amertume qui me fait grimacer... Pas encore, please.
(Et puis je lisais l'invention de la solitude d'Auster, d'où ce soudain besoin de revisiter ma mémoire)
Commentaires :
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StephaneHeuet |
savoir aimer ?"...oui on va sortir ensemble, oui on va baiser, mais tu sauras jamais ce qu'il y a au fond de moi..."
C'est étrange, en français, quand on évoque les rapports physiques (et uniquement hétérosexuels), on parle de "possession". "Posséder une femme" ! La posséder parce qu'on la pénètre... curieux, tout de même ; ma grand-mère, une femme incroyable, véritable aventurière, (à se casser la figure en avion dans les années vingt entre Alicante et les confins sahariens) m'a dit un jour "mais enfin, c'est tout de même plutôt la femme, qui prend, que le contraire, non ?" J'étais alors pré-adolescent, j'avais été émerveillé de réaliser, tout d'abord, que même une grand-mère avait fait l'amour, et ébahi, ensuite par cette vérité révélée : C'est la femme qui prend l'homme. Dans le monde de la chasse, quand une femelle (une lice) est prête à être fécondée, on dit "elle prend le mâle". Aussi cette idée que baiser puisse permettre de savoir "ce qu'il y a au fond" de quelqu'un ne peut, au mieux, s'appliquer qu'à un "quelqu'un" masculin. Mais en cherchant beaucoup. Tout ça parce que je pense qu'il ne faut pas chercher à savoir ce qu'il y a au fond de quelqu'un. Il y a des années, j'ai vu un film qui m'a beaucoup troublé (je crains d'avoir été un des seuls), "Julia", de Fred Zinnemann, je crois, avec Jane Fonda et Vanessa Redgrave. Il y avait aussi Jason Robards. C'est, un peu romancé, un épisode dramatique de la vie de la dramaturge juive Lillian Helmann en 1937. Ce qui m'avait frappé, c'était la profondeur des personnages de Jason Robards, qui interprétait Dashiell Hammett ("l'homme" de L.Hellamn), et Vanessa Redgrave (Julia, l'amie de L. Hellmann), opposée à la légèreté (une petite snobinarde sans grande épaisseur) de Lillian Hellmann (Jane Fonda). Dashiell et Julia ne cherchaient pas à comprendre Lillian, pas même à la connaître. Il l'aimaient. Allez, j'y retourne, je dois finir ce dessin avant la levée du courrier. Stéphane |
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Blueyes 01-06-07
à 22:40 |
Re: savoir aimer ?Hum... Je ne voulais pas dire que faire l'amour, c'est une façon d'apprendre à connaître quelqu'un où de le posséder. Au contraire, par défi, peut-être, pour aller contre la vision clichée qu'on a tout d'abord de l'amour, je me suis toujours fait un point d'honneur de vivre l'un sans l'autre et d'en tirer mes propres conclusions le lendemain matin. D'avoir de simples aventures, ou alors de ne pas voir le sexe dans une relation comme menant à tant de questions, de problèmes et tout le tralala. Je me suis peut-être mal exprimée: c'est que le temps, le rendez-vous, la baise, ce sont toutes des choses qui se passent bien dans mes histoires. Mais on dirait que c'est jamais assez. Et puis c'est vrai, je vois pas pourquoi la présence de l'autre en soi ne serait pas suffisante pour être heureux et pour aimer. Il reste tout de même qu'on me reproche d'être indépendante, mystérieuse (et pas nécessairement dans le bon sens- disons plutôt un brouillard épais à travers lequel on ne discerne presque rien) ou simplement absente. Dans toutes mes relations, d'ailleurs. Mais bon, j'ai que dix-huit ans, ça va bien finir par se placer un peu... Ou tiens, je trouverai peut-être un gars comme celui du film, pour qui aimer se passe de compréhension. |
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StephaneHeuet 04-06-07
à 11:04 |
un gars comme celui du filmC'est peut-être la seule façon de bien vivre une relation amoureuse : Ne pas chercher à comprendre, ne pas chercher à connaître, ne pas chercher à convaincre, ne pas chercher à transformer.
Si ton bonhomme, il aime juste être comme ça, près de toi, et même faire les courses avec toi, et que pour toi c'est pareil, que même le voir réparer le pneu crevé de son vélo ça te plaît, c'est que vous êtes bons. La partie sensuelle est importante, ok, mais il ne faut pas en attendre une intimité qui dépasse en quelque sorte la transgression de la pudeur. C'est une intimité superficielle qui donne l'illusion de la fusion. Voilà Blueyes, les garçons doivent t'aimer telle que tu es, pas très claire pour eux, et peut-être même un peu soupe-au-lait quand ils mettent à côté de la plaque parce que justement, ils ne te comprennent pas trop. Et toi non plus, bien entendu, ne cherche pas plus à pénétrer leur âme. Mais de ton côté tu ne sembles pas être préoccupée par ça. Et puis bon, il faut avoir le courage de faire confiance. |
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La nomade 01-06-07
à 10:01 |
Écoutes, si t'as le temps ce soir lâche moi un coup de fil, j'termine à 6h. À plous :-) |
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Elanore 01-06-07
à 19:38 |
Re:Ah! Les séries américaines! Je savais pas que t'avais aimé à ce point smallville. Tk...Dis-moi que tu viens me voir en fds! Je m'ennuie, moi!
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Blueyes 01-06-07
à 22:43 |
Re:Non, pas à ce point, j'ai juste eu quelques mois de trip smallville, dans le temps où c'était notre religion à zouzou et moi (ou presque lol). Et puis je suis en ville nooow, on pourrait aller se promener "dans le village" demain! Ça fait depuis Noël, pour moi! Et se faire une de nos bonnes vieilles soirées vidéo... Je t'appellerai sur l'heure du midi. Ah puis faut que je te conte, t'en reviendras pas: j'ai vu Catherine!! Enfin, on se parle demain! bye xxx
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Blueyes 01-06-07
à 22:40 |
Re:(à la nomade) Je t'aime!!! On se voit dimanche pour un bon ptit joint (ou bière), je vais être de retour! xxx |
à 08:07